L’Assemblée générale des Nations Unies, grand rendez-vous de la diplomatie mondiale, se déroule en ce moment à New York.
Le contraste est saisissant: un aéropage de chefs d’Etat et de gouvernement se succède à la tribune pour appeler à la paix, au dialogue et à la réconciliation, tandis que le multilatéralisme vascille entre apathie et immobilisme.
De l’escalade meurtrière au Liban à la guerre en Ukraine, sans oublier les crises humanitaires qui déchirent Gaza, le Soudan ou encore Haïti, l’atonie de l’ONU et plus particulièrement de son Conseil de sécurité deviennent chaque jour plus tragique.
Sclérosé par les rivalités entre les grandes puissances, le Conseil de sécurité, pensé pour garantir la paix, semble aujourd’hui non seulement incapable d’agir, mais dangereusement en voie de devenir obsolète.
L’instance serait-elle prise de vitesse par une géopolitique accélérée ?
Ian Bremmer parle en effet de « G-0 » pour décrire un ordre international marqué par l’absence de force dominante. Zbigniew Brzezinski évoquait quant à lui l’avènement d’un « G-2 » pour expliquer un monde où le grand jeu se résumerait uniquement à l’affrontement Chine-USA. Or ces dynamiques conflictuelles nous éloignent du dialogue nécéssaire pour aborder les grands enjeux contemporains.
Face à cela, le Secrétaire général António Guterres continue de plaider pour une réforme des instances onusiennes. Rappelons qu’en 2013 déjà le Mexique et la France avaient proposé une réforme du Conseil de sécurité, articulée autour de deux piliers :
– Renoncer au droit de véto en cas d’atrocités de masse;
– Revoir et élagir la composition du Conseil en confiant un siège permanent à l’Allemagne, au Brésil, au Japon et à l’Inde et en assurant une représentation plus importante des pays africains.
D’autre propositions existent et les Nations Unies ne sont pas le seul organisme à repenser. D’ailleurs, elle ne peut pas tout faire. « L’ONU est vouée non pas à nous emmener au paradis, mais à nous sauver de l’enfer » disait à cet égard Dag Hammarskjöld, ancien Secrétaire général des Nations Unies.
Mais une chose est certaine: nous sommes suspendus au courage des nations à un moment où il devient urgent voire vital d’inventer des institutions dignes du XXIe siècle. Car la panne tragique du multilatéralisme nous ouvre une voie béante vers une défaite collective.